google-site-verification: google306c8b17ea233f46.html

GEORGIE


Pour voir l'itinéraire :
PARCOURS global


Jeudi 13 Septembre : Sarpi - Kobuleti
68 kms / 3h49 / 450 m

Vue de la frontière géorgienne




Avec les taximen arméniens de Batumi





Mes hôtes pour la soirée, rencontrés le long de la route...



Vendredi 14 Septembre : Kobuleti - Partskhanakanevi
104 kms / 5h03 / 220 m





Dernier arrêt au bord de la Mer Noire

On vend de tout sur le bord de la route

L'objectif serait proche ??



Mon repas de midi. 



Souvent un attroupement quand je m'arrête dans un village


Samedi 15 Septembre  :  Partskhanakanevi - Bardubani
Visite de Koutaissi
46 kms / 3h31 / 250 m

Je me réveille dans le soleil levant avec une vue magnifique sur le Grand Caucase. Dans la soirée des orages avaient tourné au loin, mais ils avaient évité mon champ. 
La nuit, le ciel est magnifique, sans nuages, et on peut contempler les étoiles sans pollution lumineuse. Il n'y a pas autant d'éclairage que chez nous.

Comme j'ai un peu de temps, je fais le détour par la ville de Koutaissi, qui d'après le guide vaut le coup d'être visitée. Effectivement, c'est une petite ville sympathique, foisonnant de vie et de couleurs. C'est le centre d'attraction de la région, pour les habitants et les touristes (mais ce n'est pas la foule du Mont St Michel…) Je croise d'ailleurs 2 françaises en provenance d'Arménie et en visite en Géorgie.
En visitant la cathédrale, le point culminant de la ville, au sens propre comme au figuré, je vois un visage qui ne m'est pas inconnu. Mais oui ! C'est l'anglaise à vélo croisée en Ukraine ! On se croise à nouveau après 3 semaines sur les routes et sur l'eau, quelle coïncidence. Elle est repartie sur Odessa, pour revenir en bateau sur Batumi (problème de visa) et achever son voyage dans la région. Elle n'est pas à mon rythme. Plusieurs jours jours dans certaines villes, hôtel, et le plus souvent restaurant.

Le soir venu, je recherche un lieu pour m'arrêter. Comme la route longe le fleuve, j'essaie de trouver un endroit proche de l'eau en contrebas. Sur le bord de la route, des jeunes m'interpellent; je discute quelques instants avec eux avant de descendre le long du fleuve. Je me pose pour prendre quelques photos, quand je vois au loin un 4x4 de la police arriver. Pas de doute c'est pour moi, je suis tout seul au milieu de cette étendue. Ils m'abordent gentiment, et me disent qu'il ne faut pas rester ici (je ne leur ai rien dit, ils ont compris…) car c'est dangereux. Ah bon ? Pourquoi ?  A cause des vaches…  S'il faut se méfier des vaches en Géorgie, qu'est-ce cela doit être avec les autres animaux !
Ils m'invitent à venir dormir au poste de police. L'idée de passer la nuit dans ce lieu insolite m'attire et je serais bien allé partager leur vie pendant quelques heures. Mais ce tout petit bâtiment, que j'ai dépassé 1 ou 2 kms plus tôt, est en bordure de la route. Et passer une nuit avec le bruit de la circulation intense ne m'enchante pas. Donc je quitte le lieu, et j'avance encore, en espérant qu'ils ne vont pas me suivre. 1 km plus loin, une voiture ralentit derrière moi, et me suit pendant quelques centaines de mètres à mon rythme, en se faisant dépasser par tout le monde. Je pense qu'il est en panne. Mais à un moment elle me double. Je m'arrête. Elle s'arrête et fait marche arrière sur le bas côté pour me rejoindre. 2 personnes descendent et viennent discuter. J'attends qu'elles repartent pour chercher un autre lieu. Mais là il y a des vaches et leur gardien. Je continue donc. Je m'arrête un peu plus loin et trouve enfin un endroit plus ou moins tranquille. Il fait quasiment nuit, et ce sera montage de la tente dans la pénombre et repas à la frontale (comme la plupart du temps..)

Je pense que j'ai été "dénoncé" par quelqu'un pour que la police viennent me chercher spécialement. Une aventure de plus. Mais j'aurais bien dormi au poste de police s'il avait été ailleurs.


                   Le Grand Caucase en fond. Vous avez cette vue de votre chambre à coucher le matin ?

                   Koutaissi










                   Le magasin de musique local


                     Le hamburger local "katchapouri". Du pain fourré au fromage. 

                   La cathédrale classée au patrimoine de l'Unesco.





                   L'endroit d'où je me suis fait expulser...



                   Elle voulait squatter mon vélo… Foxy ne s'est pas laissé faire


Dimanche 16 Septembre : Bardubani - Surami
102 kms / 7h37 / 1140 m

Je reprends la route assez tôt, en préférant m'arrêter plus loin pour manger quelque chose. Vu les événements de la veille, on ne sait jamais…






                   Dans une semaine ce sont les élections des députés ici.


J'avais repéré une route secondaire, qui me permettait d'éviter l'enfer de la principale. C'était la tranquillité. Pas de camion, très peu de voitures. Au bout de 10 kms, je m'inquiète de ce que je vais manger, car je n'avais rien et j'espérais trouver une boutique. Mais route secondaire c'est aussi parfois route quasi-déserte. J'arrive à l'entrée d'un village et là je me fais interpeller par les ouvriers d'un chantier. Ils m'invitent à m'arrêter et me proposent de manger avec eux. J'accepte avec joie et reconnaissance. Menu : pain et cervelas, saucisse à l'ail. Ce ne sont pas mes plats préférés, mais on ne va pas faire le difficile.
A peine descendu du vélo, un des compères me tend un gobelet, et me le rempli à moitié avec sa bouteille d'eau minérale. Je le porte à mes lèvres et commence à boire. Erreur ! C'était de la vodka !  Heureusement je n'y suis pas allé franchement. Je me méfie parfois de l'eau, vu mes problèmes précédents, et je trouvais bizarre qu'il ne serve qu'un demi-verre. Bien m'en a pris.
Et tout le groupe est là autour de moi pour me demander de le boire cul-sec. Mais je refuse. Il me faudra tout le repas pour l'avaler, et ils ont surveillé que j'ai bien vidé mon verre, et voulaient m'en proposer encore.

Sur ces entrefaites, un autre homme arrive, qu'ils me présentent comme étant de la police. Il me pose une question que je n'arrive pas à comprendre. Finalement je saisis qu'il me demande une carte. Et il m'explique qu'il ne faut pas continuer cette route, qu'elle n'est pas bonne, avec beaucoup d'insistance. Et il me demande de faire demi-tour. Au moment du départ, je m'exécute, car je crois que je n'ai pas le choix. Et pour bien me le faire comprendre, il prend sa voiture pour me suivre pendant 2-3 kms. Ensuite il s'arrête et m'explique à nouveau de ne pas prendre cette route et continuer à rebrousser chemin. Donc ça fera 20 kms aller-retour mais j'aurais eu un repas… Et je ne saurais jamais si cette route était vraiment si difficile que ça.
Mais ne vous inquiétez pas, le vélo a roulé droit. Paradoxalement, je n'ai pas ressenti d'effets de ce breuvage (la demi miche de pain que j'ai avalée a dû pomper le liquide) bien présent dans ce pays. J'en aurais une autre illustration étonnante un peu plus loin…



 
En fin d'après-midi je passe un col à 900 m. Je n'avais pas prévu de le passer aujourd'hui, mais je n'ai pas trouvé d'endroit pour m'arrêter. Et il y a un tunnel de presque 3 kms à traverser. Une voiture de police à l'entrée du tunnel m'empêche de prendre l'ancienne route pour chercher une place pour planter la tente. Les policiers sont très présents en Géorgie sur les routes sur j'ai empruntées.
Finalement je trouverais à la nuit tombante un espace dans la forêt.




Lundi 17 Septembre : Surami - Kvakhvreli
79 kms / 4h40 / 220 m





                   Je n'avais pas vu d'accidents jusqu'en Géorgie. Mais depuis c'est le 3ème..


                    Il m'arrête au bord de la route et me donne 3 poires

                  Des cyclos ukrainiens en voyage en Géorgie

                  Visite d'un très beau site troglodyte




Les soirées en camping sauvage. Pas le temps de m'ennuyer entre le montage du campement, la préparation du repas, le rangement, le lavage (oui je me lave un peu même s'il n'y a pas de douche), etc.


Mardi 18 Septembre : Kvakhvreli - Tbilissi
99 kms / 6h45 / 750 m

J'ai dormi dans un décor de film. La vallée dans laquelle je me suis arrêtée a servi de lieu de tournage pour plusieurs westerns dans le passé. C'est vrai que les paysages s'y prêtent vraiment. C'est étonnant de voir la variété de paysages et les changements de végétation en Géorgie.

Je choisis cette fois encore de prendre une route parallèle. Tant pis si ce sera plus difficile. Mais je ne regretterais pas ce choix. La route du bonheur. Quasiment plus de camions et de voitures, plus de pollution. Des vaches de temps en temps. C'est vraiment agréable de rouler à vélo dans ces conditions. 

Je m'arrête dans un village pour faire quelques courses, et là je tombe par hasard sur la petite boulangerie. Je vois de l'intérieur comment il fait pour fabriquer son pain.

Comme j'ai un peu de temps, avant Tbilissi je m'arrête visiter à Mtskheta la cathédrale de Svétitskhovéli, coeur spirituel du pays, ainsi que le monastère de Djvari ("la croix"), dont la première construction date de 545. La Géorgie est le deuxième pays au monde (après l'Arménie) a avoir déclaré le Christianisme comme religion officielle.
Une vue magnifique s'offre depuis ce promontoire.

Je reprends la route, ou plutôt l'autoroute. Il n'y a pas d'autre choix pour atteindre la capitale. La circulation est difficile en arrivant sur la capitale, qui fait 40 kms de long. J'atteinds enfin mon lieu de couchage pour le soir, une chambre d'hôte en plein centre de la ville, pour un cût modique.


                    Lever de soleil dans la vallée de la Koura ou des westerns ont été tournés







                    Visite chez le boulanger




                   Le monastère emblématique de la Géorgie : Djvari, 15 kms avant la capitale. La vue se mérite : 6 kms de montée (en plein soleil)


Mercredi 19 Septembre : Tbilissi

Arrêt technique et touristique dans la capitale de la Géorgie.
Pas cher et très pratique, ce logement chez Tina et ses chats. Une toute petite maison dont les murs et les meubles sont couverts de peintures et d'objets plus ou moins kitchs. Le peintre, c'est son neveu.

                  





La maison d'accueil





Les élections du parlement ont lieu dans une semaine






A un moment je me retrouve juste dans une manifestation dans la rue ou je loge. En fait c'est une marche de protestation contre un scandale de maltraitance dans les prisons qui a éclaté la veille, grâce à une caméra cachée de la télé. Les images passent en boucle, et un des participants nous confie que le gouvernement risque de chuter en raison de cette affaire.


Des voyageurs iraniens croisés en ville. Ils étaient à la recherche d'un lieu pour le soir, je leur propose de venir visiter l'endroit ou je suis. Et finalement ils seront là pour la soirée. 


J'aime bien m'immerger dans la culture locale. en l'occurrence, les bains sulfureux de Tbilissi. Je choisis le plus populaire. Ambiance garantie. Les images sont censurées… Dès que l'on arrive il faut se déshabiller complètement. Ensuite c'est bain, douche, et gommage/massage. Je ne sais pas si les conditions d'hygiène sont vraiment réunies, mais en toux cas on est plongé dans une ambiance comme nul part ailleurs.




Jeudi 20 Septembre  :  Tbilissi - Nakhiduri
50 + 20 kms / 4h12 / 490 m

Encore une histoire de vodka...

Après un tour au marché aux puces local (c'est l'endroit ou tout le monde vient vendre entres autres tous les objets de la période soviétique pour améliorer l'ordinaire - on me proposera aussi le petit verre...), c'est la préparation pour le départ. 
Au bout de 10 kms, je m'aperçois que j'ai oublié un tee-shirt que j'avais mis à sécher… C'est la deuxième fois que ce genre d'aventure m'arrive. La dernière fois c'était pour le pied de l'appareil photo en Ukraine. Il faut que je retourne, car c'est le seul tee-shirt correct que j'ai. En fait je n'ai que 2 tee-shirts (j'en avais un autre, mais je l'ai oublié à Bâle). C'est ma hantise à chaque arrêt : oublier quelque chose. Je ne sais pas si c'est l'âge, et ma mémoire qui commence à faiblir, mais j'ai régulièrement ce souci.
Donc retour à la case départ. Sur la route je croise les amis iraniens qui se demandent ce qui se passe.

Quand je ressors de la ville, je vois - encore - une voiture de police arrêtée en face. Elle fait demi-tour et vient à ma hauteur. Le policier côté passager me pose des questions (en anglais), et je m'arrête pour discuter. A un moment il me demande si j'ai besoin d'aide, et s'inquiète de ce qu'il peut faire pour moi. Je ne suis pas sûr de bien comprendre, aussi je lui fais répéter. "Do you need something, for example water ?" "Yes, why not". Et à cet instant il se penche, et se relève après avoir pris une bouteille à ses pied, et me la tend : c'est de la vodka. Non merci, ça ira comme ça..  J'espère qu'ils ne sont pas chargés des contrôles d'alcoolémie.






                  Recyclage de vinyls

                   Ce n'est pas de l'eau...






                  Sur le bord de la route, on égorge le mouton. Et le berger insiste pour me prendre en photo...

                    Arrêt à la poste (oui, c'est le bureau pour le public) pour les cartes postales. Cout : 2€ par carte !


Vendredi 21 Septembre : Nakhiduri - Gogavan
64 kms / 5h58 / 1170 m


C'est normalement le dernier jour en Géorgie. C'est étonnant comment l'environnement peut changer. D'abord tout à l'air beaucoup plus vert et humide, et avec des cultures différentes. Et la situation des habitants parait quand même plus difficile. Beaucoup de charrettes tirées par des ânes ou des boeufs. Et nous ne sommes qu'à une trentaine de kilomètres de la capitale. Que de contrastes.

Je suis enfin sur la route qui mène à la frontière. Les panneaux m'égrennent régulièrement le décompte : 15, 14, 5, 4… kms . A un moment je crois m'être trompé, tellement la route est déserte et complètement défoncée. Mais non, c'est la bonne route, qui n'arrête pas de grimper. La douane sera à 1200 m de hauteur. 
C'est un mélange particulier d'émotions et de sensations quand je me trouve devant le panneau "République d'Arménie". Voilà l'instant dont je rêve depuis des mois, voir presque 2 ans est enfin arrivé. Et pourtant j'ai l'impression que le départ c'était il y a une semaine. C'est incroyable de me trouver à cet instant, après 5640 kms sur les routes d'Europe. Je voudrais faire la fête avec les douaniers, mais il y en a un qui me rappelle de suite à la réalité. Il arrive vers moi en vociférant, me faisant comprendre qu'il est interdit de prendre des photos. Je ne peux même pas prendre le panneau ? Heureusement, il ne m'obligera pas à les effacer comme cela s'est produit à l'entrée en Moldavie je crois. 
Il m'emmène ensuite pour le visa. Le jeune qui s'en occupe a l'air plus sympathique. Les formalités accomplies, je reviens au contrôle et retrouve le premier qui m'a accueilli… Je lui demande si je peux prendre une photo avec lui. Il a l'air plus souriant que tout à l'heure, mais refuse de toute façon. Je croyais qu'ils allaient m'accueillir les bras ouverts et dérouler le tapis rouge !
J'essaie de leur expliquer ce que je suis venu faire. 

Je passe au contrôle suivant, ou là c'est beaucoup plus détendu et convivial. Tout le personnel arrive voir le vélo, se faire prendre en photo. Mais un seul accepte de poser avec moi. Je leur sors les photos de famille, avec le gendre arménien. Tout de suite la relation change.
Je demande si je peux trouver de l'eau quelque part, et un des douaniers va chercher une bouteille et remplit ma gourde. Il me fait ensuite un signe, que je commence à comprendre, disant que c'est de la vodka ! Mais non, c'était une blague. Atmosphère détendue.
Mais il se fait tard, on est en montagne, et le soleil est presque couché. J'avance pour trouver un lieu de couchage. Je m'arrête pour remplir les autres gourdes, mais la fontaine ne marche pas. Comme il y un restaurant (sans clients) juste à coté, je demande de l'eau. Une fois les gourdes remplies, je reviens voir la patronne (toute seule) qui est en train de cuisiner, pour lui demander si je peux rester là pour la nuit (il y a une cour et de la place). Mais c'est un "niet" catégorique. Bon, je n'insiste pas.
Pour le moment, l'accueil en Arménie, c'est plutôt froid. 

Je trouve enfin mon endroit sur la colline, et contemple la majestuosité des montagnes alentour dans la nuit tombante. Et je m'installe pour passer cette première nuit dans le dernier pays de mon périple.

Et je vais apprendre plus tard que ce 21 Septembre, c'est l'anniversaire de l'indépendance de l'Arménie. Quelle coïncidence ! D'autant plus que je suis parti le 21 Juillet !







                   Dernier repas en Géorgie

Sur la route vers la frontière





« TURQUIE LE VOYAGE FRANCE ARMENIE ARMENIE »