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ARMENIE


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PARCOURS global


C'est la semaine la plus importante du voyage. Je viens d'arriver en Arménie. Enfin ! Depuis le temps que j'y pensais, voilà enfin ce rêve devenu réalité. incroyable. Exactement 2 mois jour pour jour après mon départ de Valence, j'ai donné les premiers coups de pédales sur cette terre tant attendue. De plus, j'ai appris que c'était le jour anniversaire de l'indépendance du pays, le 21 Septembre. A 1200 m de hauteur pour le passage de la frontière.


Samedi 22 Septembre : Gogavan - Vanadzor
67 kms / 4h32 / 570 m

Tout est humide et la tente complètement trempée quand je me lève (réveillé à 4h00, car je me suis endormi trop tôt la veille). Il faudra s'arrêter en route pour faire sécher.
Je commence enfin mon voyage en Arménie. C'est le coeur rempli d'émotions que j'entame cette journée pas comme les autres. J'ai l'impression que les relations que je vais avoir ne seront pas comme dans les autres pays. D'une part parce que le projet humanitaire est destiné à des enfants de ce pays, et d'autre part en raison des liens familiaux. 

J'arrive dans la première ville ou la priorité est d'acheter une puce de téléphone pour avoir un numéro d'ici. C'est tout de suite l'attroupement autour du vélo, et les questions habituelles " D'ou viens-tu ? Quel âge as tu ? Combien vaut le vélo - question délicate (comment y répondre honnêtement sans provoquer l'étonnement; mais tout est relatif) ? Où vas-tu ? "

Sur le bord de la route c'est le dépeçage d'un boeuf ou je ne sais quoi. Boucherie à l'air libre.

Je sors de la ville, et au bout d'un moment je me demande si je ne me suis pas trompé de direction. Je voulais aller sur Gumry ou j'avais un contact, 
appelé la veille, qui m'attendais. Mais j'arrive en chemin sur Stepanavan, donc ce n'était pas la bonne direction. Ce n'est pas grave, on m'avait aussi donné un contact sur Vanadazor, la prochaine grande ville. J'appelle donc et c'est ok pour le soir, car faire demi-tour pour reprendre la route envisagée me ferait perdre trop de temps et arriver trop tard.

Tandis que je suis là sur le bord de la route à téléphoner, deux dames, la mère et la fille, s'approchent. Je les salue. Et après les questions habituelles, elles me proposent de venir chez elle pour boire le thé. La fille me prend par la main pour m'emmener. Je les suis poliment, toujours prêt à vivre des expériences dans la vie quotidienne des habitants des pays traversés. A peine arrivé, elle me demande si je veux manger. Je ne dis pas non, car justement je comptais m'arrêter trouver quelque chose ! Donc on se met à table, avec apéro, et ensuite vodka de rigueur… Puis c'est la fête… Les deux filles de la maison sont dans le salon et dansent sur des musiques arméniennes. La mère m'entraine avec elle, et après avoir regardé le spectacle, je suis contraint de m'y mettre aussi. J'ai des preuves : vous pourrez voir la vidéo (sur demande en projection privée…).
Et j'ai droit au sac de pommes avant de partir. Ca change de l'accueil d'hier.

Sur la carte, j'avais vu un col à passer à plus de 2300 m, et je suis prêt à l'affronter. La montée commence. Mais au bout de quelques kilomètres, après avoir monté 500 m, altitude 2000m, c'est fini. C'est un tunnel. Peut-être que la carte n'est pas à jour. Je suis un peu déçu, moi qui m'était préparé à cette "épreuve" ! Dommage.

Avant la montée, des enfants me suivent pendant quelques kilomètres sur leurs vélos; on sympathise avant de se séparer.

J'aborde la descente finale. Et à moment une voiture s'arrête en face et me salue. les amis sont venus à ma rencontre ! Je les suis pendant une dizaine de kilomètres jusqu'au rendez-vous prévu. Et là, quelle n'est pas ma stupéfaction ! Je suis d'ailleurs un peu pris de court et ne serais pas à la hauteur de l'événement je crois. Il y a un comité d'accueil avec les enfants habillés pour la circonstance, une petite cérémonie pour célébrer mon arrivée. Et il y a quelques heures, personne ne savait que je serais là (moi non plus d'ailleurs..). Quel accueil ! J'en suis complètement bouleversé.
Que de souvenirs à enregistrer. Mon cerveau va exploser.









                   Des paysages grandioses. Mon prochain voyage sera un trail dans les montagnes d'Arménie…?






                    Avec la famille de Lia





                          Changement de monture… C'est quand même plus léger


                   Un super accueil à Vanadzor


                   Un repas pour 5 personnes pour moi tout seul. Fameux "katchapouri maison" de Sona.


                          Eglise Evangélique Arménienne de Vanadzor


Dimanche 23 Septembre : Vanadzor

Le matin je suis reçu officiellement dans l'Eglise Evangélique Arménienne de Vanadzor.
Mon voyage et le projet ont été présentés et la collecte pendant le service a été intégralement affectée à l'école de Chirakamout. Merci à tous ces amis pour leur soutien et leur générosité, malgré leurs faibles moyens !






                          Le pasteur Samvel et Levon mon traducteur





Lundi 24 Septembre : Vanadzor - Idjevan
73 kms / 4h 25 / 560 m

Chaque jour est un nouveau jour.  Aujourd'hui j'avais prévu un programme, mais finalement il sera changé car je vais me rendre directement à Idjevan, la ville jumelée avec Valence, ou je suis attendu à la mairie. ils ont accepté de modifier la date de mon arrivée.

En fait je suis en avance, je suis allé trop vite… Et maintenant j'ai parfois l'impression de me trainer, car ce n'est pas un rythme aussi soutenu qu'avant. J'ai l'impression d'avoir aussi repris du poids. Ma femme va être contente.

Départ sous un soleil éclatant, sans un nuage, avec une montée de 10 kms (je le découvrirais à la fin) tranquille. Des paysages somptueux. j'aime beaucoup ces sommets dénudés, avec des tons de verts variés, contrastant avec le bleu explosif du ciel à faire pâlir les japonais.

Sur la route j'ai un appel de Sophie, professeur de français à Idjevan, qui me donne les détails pour mon arrivée. Elle connait bien la France et est déjà venue à Valence.
A l'arrivée je suis accueilli par le vice-maire, le maire étant absent. 















                          Devant la mairie avec l'adjoint principal

                           Visite de la ville by night







Mardi 25 Septembre : Idjevan

Journée tranquille avec au programme rencontre avec le maire, visite du monastère de Goshavank, organisé par la mairie d'Idjevan, avec ma fidèle traductrice Sophie. Une femme super active. Elle n'a pas dormi depuis 2 jours (en raison d'un déplacement), a donné ses  cours ce matin et est maintenant partie pour préparer ses conserves pour l'hiver.
J'ai été super bien accueilli par l'équipe de la mairie. Idjevan est une ville à découvrir. Votre prochaine étape pour les vacances ??

                         Avec le maire ce matin








                       La dame du milieu s'occupe du petit musée sur place depuis 40 ans !









Mercredi 26 Septembre : Idjevan - Aygut
43 kms / 3h 22 / 840 m

Départ tardif d'Idjevan, avec plus de 2h de retard sur le programme prévu… 
Le temps de passer à la mairie, de dire aurevoir, de faire des courses, d'aller à la rue de Valence, et la visite imprévue de  l'Eglise Evangélique Arménienne, cela me mène à plus de 11h.
Je vais emprunter une route secondaire, puisque j'ai un peu de temps. Elle est magnifique. Quasiment pas de voiture, aucun camion, une route encaissée au fond d'une vallée, avec des sommets qui la bordent parfois à plus de 2000 m, et qui suit une rivière. C'est comme ça qu'on aime faire du vélo. 
Le temps passe tranquillement, et je savoure ces moments d'admiration devant ces paysages.

A un moment je m'arrête pour faire une photo, et je vois en haut d'un chemin qui monte à une maison un homme âgé. Je le salue de loin. il me dit quelque chose. Je m'apprête à repartir, et je le vois descendre. Je ne sais pas si c'est pour moi, alors pour ne pas avoir l'air impoli j'attends. Mais oui, il vient me voir. Il me propose de venir boire quelque chose. J'accepte la proposition, non pas tellement pour boire (j'ai ce qu'il faut), mais pour la rencontre et l'aventure. Je ne serais pas déçu…

On se met à table, et sa femme et la voisine arrivent quelques instants après. Et là c'est quasiment le repas,  à 16h30. Du beurre maison, du "matsoun" (yaourt) avec le lait de leurs vaches, les fruits et les légumes du jardin, et même le miel de leurs ruches. Que demander de plus. Je me gave, et avale au moins 600g de yaourt, car mon hôte me "force" à en reprendre 4 fois. Mais c'est avec plaisir. Le fils de la voisine arrive sur ces entrefaites, et il se débrouille un peu en anglais. On arrive alors  à communiquer un peu plus. 
La voisine m'interprète un psaume a capella de l'église orthodoxe. Superbe voix.
A un moment, Robert (le papy), me dit qu'il doit partir pour chercher les vaches. Je lui demande combien de temps. Il me dit environ 20'. Je lui propose de partir avec lui chercher son troupeau. On attaque direct une montée, mais je me sens un peu lourd avec tout ce que j'ai avalé. Les 20 minutes (si j'ai bien compris) vont se transformer en au moins 2 heures, et nous rentrerons dans la nuit. 77 ans, et tous les jours il monte dans la montagne sur des sentiers dignes de la Diagonale des Fous, et avec pas mal de dénivelé. Aujourd'hui les vaches n'étaient  pas là où elles auraient dû être. Il part toujours avec ses jumelles pour les repérer. Ses vaches sont parties loin, et très haut. Le voisin vient à la rescousse (il a aussi des vaches), pour aller chercher les récalcitrantes. 
C'était une superbe ballade dans les montagnes, avec un beau coucher de soleil. Je ne regrette pas cet arrêt.

Quand on redescend je suis invité à manger chez le voisin, et je lui fais une copie des photos réalisées. Des produits du jardins, et un apéro maison. Vodka de rigueur en plus avec la soupe, qui est super bonne (la soupe…).

Ensuite il me ramène chez Robert pour aller dormir, car du coup, je n'ai pas beaucoup avancé, et il fait nuit. Celui-ci m'emmène dans une petite  maison à une centaine de mètres. Apparemment pas d'eau ni de toilettes. Et il dépose gentiment sur mon lit, usé par le temps et le poids de ceux qui s'y sont reposés, une parka (en mouton ?) en plus de la petite couverture pour m'e
mpêcher d'avoir froid.

Voilà comment je me suis retrouvé  à chercher des vaches dans les montagnes arméniennes, à 1200m, avec un papy sympa de 77 ans, qui fait sans le vouloir son entrainement de trail tous les matins et tous les soirs…

Je vous l'avais dit, l'aventure c'est tous les jours. Il faut simplement se laisser guider, être attentif aux opportunités, et prendre son temps quand c'est possible. Le vélo permet ces contacts et découvertes que l'on ne pourrait pas avoir autrement, quand on le veut bien et que l'on est disponible. C'était aussi le but de ce voyage, aller à la rencontre de l'autre.






















Jeudi 27 Septembre : Aygut - Dilidjan
92 kms / 6h 11 / 930 m

Après le petit déjeuner avec les produits de leur terroir (miel, fromage, noix), Robert va mener ses vaches.
Je continue ma route en passant par le lac Sevan. En chemin, je suis invité 3 fois à manger !! Mais je décline, car il ne faut pas abuser…
La nuit se passera après Dilidjan, et je repasse à nouveau devant l'hôtel ou ma femme va passer la nuit demain. Je vais enfin la revoir, après ces 2 mois de voyage.

Demain sera la deuxième et plus importante étape arménienne : visite à l'école de Chirakamout, destinataire des fonds récoltés. Ensuite direction Yerevan pour un arrivée dimanche fin après-midi. Sur la route j'ai un coup de fil qui m'apprend que je suis attendu par une équipe de cyclistes à l'entrée de la ville, et ensuite accueil officiel à l'église évangélique arménienne. Lundi il y aura une réception officielle à l'ambassade de France avec l'ambassadeur, suivi d'une conférence de presse, puis balade avec un groupe de cyclistes professionnels vers le nouveau vélodrome, ou il y aura une cérémonie officielle en présence d'autorités civiles et religieuses (ministre de la diaspora, pdt fede cyclisme, etc..). 
Je suis ébahi par cet accueil et ce programme !!!  Merci Gilbert et Harout.

Sur ma route vers Yerevan je vais dépasser allègrement les 6000 kilomètres. Surement erreurs de calcul d'itinéraire, mais surtout voyage rallongé (Crimée, Géorgie, Arménie) car j'étais en avance. J'aurais encore plus de souvenirs.








                    Passage au plus haut point de mon périple (2000 m) avant l'arrivée vers le lac Sevan qui se trouve à 1700 m




                    Orage sur le Lac Sevan





Vendredi 28 Septembre :  Dilidjan - Chirakamout
68 kms  / 4h41 / 780 m

                   C'était la dernière nuit sous tente, mais je ne le savais pas encore...






                    Abattage et dépeçage au bord de la route


                   Rencontre avec un groupe de jeunes cyclistes entrainés par un vétéran sur sa moto à la sortie de Vanadzor

                   Et enfin l'arrivée au village Chirakamut



Samedi 29 Septembre : Chirakamout
Cérémonie officielle à l'école maternelle


Dimanche 30 Septembre : Chirakamout - Yerevan
115 kms / 6h43 /  + 1050 m / - 1600 m

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